AVC AU CAMBODGE : ENQUETE CAP AUPRES DE PATIENTS, FAMILLES ET POPULATION GENERALE

Présenté par : Dr Eang Hor IEANG

Dans le monde, 5,5 millions personnes meurent chaque année d’un accident vasculaire cérébral. Dans les pays industrialisés, 10-12 % de tous les décès sont imputables aux AVC.

Contrairement aux a priori, les AVC n’épargnent pas les populations pauvres des pays en développement. Ils sont très peu étudiés en Asie du Sud Est. Au Cambodge, il semble bien que cette maladie soit fréquente et en progression. Les AVC sont au premier rang de la pathologie neurologique telle qu’elle est appréhendée en milieu hospitalier.

Évaluer les connaissances, attitudes et pratiques des individus concernant l’AVC constitue donc une première étape nécessaire pour adapter les messages de prévention et améliorer la prise en charge des patients. 440 sujets ont été recrutés dans 3 provinces (210 en population générale, 191 sujets à risque, 39 personnes ayant eu un AVC). Les questionnaires couvraient 4 champs : a) caractéristiques socio-démographiques et culturelles, b) facteurs de risques, c) symptômes d’alarme, d) prévention. L’âge moyen des enquêtés était de 54 ans ;  2/3 étaient des femmes. 59% des sujets pensaient que l’AVC et l’hémiplégie sont deux maladies différentes, et 39 % que l’hémiplégie est consécutive à des mauvaises actions dans une vie antérieure. Entre la moitié et 1/3 des sujets se sont déclarés être atteints d’HTA ou de diabète (respectivement 42% et 36%), mais 92% des dits diabétiques ne savaient pas qu’ils étaient à risque d’AVC ; de même pour 55% se disant être hypertendus.

Les scores de connaissance sur  les signes d’alerte, les facteurs de risque et les moyens de prévention étaient dans l’ensemble faibles. 36% des personnes ayant eu un AVC étaient arrivés a l’hôpital  avec un retard > à 12 heures, en raison de la méconnaissance de la gravité des symptômes  et du recours initial aux pratiques traditionnelles (64%)

Ces résultats nous amènent à proposer une série de recommandations :

  • Etendre le dépistage de l’HTA et du diabète après 40 – 50 ans, et  réaliser des enquêtes sur la prévalence de ces deux maladies chroniques « de transition »
  • Sensibiliser les professionnels de santé à leur importance à la nécessité  d’une prise en charge qui pour être efficace doit être précoce et poursuivie sur la longue durée
  • Mettre en place des campagnes d’information grand public sur les maladies cardiovasculaires en général et l’AVC en particulier, ciblées sur la diminution ou le contrôle des facteurs de risques: alimentation, obésité, sédentarité, HTA, diabète et tabac.