COMPORTEMENT ALIMENTAIRE ET ETAT NUTRITIONNEL DU COUPLE MERE ENFANT AU LAOS : ENQUETE TRANSVERSALE EN ZONE PERI-URBAINE, VIEINTIANE 2005

Présenté par : Dr Chansimmaly SIMMALA

Les données sur l’état nutritionnel de la femme et du nourrisson au Laos sont limitées, et rapportent la fréquence des carences en micro-nutriments et le faible poids de naissance des bébés (20%) associés aux pratiques traditionnelles.

Nous avons mené une enquête dans 41 villages, choisis aléatoirement sur la base de recensement des 181 villages périurbains de Vientiane.  Répartis dans cinq des neuf districts de la préfecture de Vientiane 300 femmes ayant accouché depuis moins de six mois ont été interrogées sur leurs pratiques. L’objectif consistait à mesurer l’impact des tabous traditionnels pratiqués après l’accouchement sur les carences alimentaires de la mère et les conséquences sur l’évolution staturo-pondérale de l’enfant.

97 % des femmes ont suivi des consultations prénatales et 58 % ont accouché à l’hôpital. Malgré cela, la persistance des pratiques traditionnelles est très élevée. Presque toutes pratiquent l’exposition au feu pendant près de 14 jours associé à un régime particulier.  90% des femmes suivent un régime alimentaire très strict, fait de riz gluant salé avec très peu de viande ou de poisson, sans fruits et sans légumes, d’une durée de 3 à 45 jours.  14% ne consomment même que du riz et du sel pendant 2 semaines.  La boisson est composée exclusivement d’infusion d’herbes traditionnelles. Le respect des interdits alimentaires n’est pas lié à la situation socio-économique de la famille. Par contre, il est lié à l’âge de la mère, qui le suivent d’autant plus qu’elles sont jeunes.

Globalement, l’apport calorique pendant le régime que nous avons mesuré est suffisant, mais l’alimentation, composée surtout de glucides, est aussi déséquilibrée en termes d’apport en lipides, protéines, micronutriments et vitamines. 8 % des mères présentent un déficit énergétique avec un IMC <18,5. Le retentissement chez les bébés est important. 10% de moins de six mois ont un retard de croissance (<- 2SD). L’habitude de compléter très précocement l’allaitement (54 % avant 2 mois)  avec du riz pré-mâché contribue à cette évolution (p=0,05). L’explication donnée par les femmes est de protéger ainsi leur santé. Ceci doit être mis à profit pour délivrer des messages adaptés en période pré natale et chez la grande adolescente afin de limiter l’impact de la malnutrition des mères et la survenue précoce du retard statural de leur enfant, phénomènes mis en évidence malgré le caractère semi urbain de la population étudiée.